Texte 1 (2018-2019)
FMI : Warning sur la dette mondiale
Les alertes sur la dette mondiale s’amplifient. Après la mise en garde de la Banque mondiale, de la
Banque des règlements internationaux (BRI), de l’Institut de la finance internationale (IIF) ou encore
de l’OCDE. c’est au tour du FMI de remettre une couche sur la question.
La dette mondiale a atteint un sommet historique de 164.000 milliards de dollars américains en 2016, soit 225%
du PIB mondial. Elle s’est donc accrue d’une somme équivalente à 12% du PIB mondial depuis son dernier
point culminant atteint en 2009. C’est la Chine qui en est le principal responsable. Elle représente à elle seule
43% de l’augmentation de la dette depuis 2007.
Aussi,
endettement devrait se poursuivre après l’approbation par les Etats-Unis d’une réforme fiscale qui
entraînera une augmentation de leur déficit budgétaire de 1.000 milliards de dollars lors des trois prochaines
années. Ce qui élèverait la dette du pays à 116,9% du PIB d’ici 2023. Un recalibrage de la politique budgétaire
seraît souhaitable pour faire redescendre à moyen terme le ratio de la dette publique au PIB.
Les périodes de forte croissance généralisée (le PIB. mondial devrait accélérer à 3,9% cette année et l’an
prochain, selon les prévisions du FMI) sont idéales pour rétablir la marge de manœuvre budgétaire, rééquilibrer
les finances de l’Etat et ancrer la dette publique.
C’est ce que recommande le Fonds monétaire international dans son rapport « Moniteur des finances
publiques», publié en marge des réunions de printemps qui se sont tenues du 16 au 22 avril 2018, à
Washington, conjointement avec la Banque mondiale.
L’astuce est simple: «En profitant des phases d’expansion pour renforcer la marge de manœuvre budgétaire,
nous créons l’espace nécessaire pour mettre en place des mesures de Soutien lorsque la tendance s’inversera. Et
nous évitons que les vulnérabilités budgétaires créent des tensions en cas de détérioration des conditions
financières ».
Cette hausse de l’endettement mondial est dans une large mesure atribuable à la dette publique (ndlr, pour le
Maroc, la dette publique globale auraît atteint 81,6% du PIB en 2017 au lieu de 80,9% en 2016. Elle passerait à
82,3% en 2018, selon les prévisions établies par le HCP).
Elle est sans doute un contrecoup de l’effondrement de l’économie consécutif à la crise financière mondiale et
des politiques instaurées pour la contrer. Ainsi que de la chute des prix des produits de base en 2014 et de la
croissance rapide des dépenses dans les pays émergents et en développement à faible revenu. Dans les pays
avancés, la dette atteint en moyenne 106% du PIB, du jamais vu depuis la deuxième guerre mondiale.
Dans les pays émergents à revenu intermédiaire, elle équivaut en moyenne à 50% du PIB (un niveau inédit
depuis la crise de la dette des années 1980). Enfin, dans les pays en développement à faible revenu, le ratio
moyen de la dette au PIB est en ascension rapide et a franchi la barre de 40% en 2017.
Qui plus est, près de la moitié de cette dette est assortie de conditions non concessionnelles, Ce qui a doublé en
dix ans la charge d’intérêt en pourcentage des recettes fiscales. Cette dynamique généralisée d’endettement
s’explique par les énormes déficits primaires. Dans le cas des pays émergents et en développement, ils ont
même atteint des niveaux record.
Ce niveau élevé de la dette publique et des déficits est préoccupant, alerte l’équipe du FMI. Les pays qui y sont
exposés sont vulnérables à un resserrement soudain des conditions financières mondiales qui pourrait bloquer
L’accès aux marchés et freiner l’activité économique .