Oscillations libres dans un circuit RLC série

1. Décharge d'un condensateur dans une bobine

1.1 Systèmes d'oscillations libres du circuit RLC série

Activité
On réalise le circuit électrique ci-contre :

  • Le condensateur est initialement déchargé. Pour le charger, on met l'interrupteur à la position ①.
  • Lorsque le condensateur est entièrement chargé ($u_C = E = 6$ V), on bascule l'interrupteur $K$ vers la position ②, le condensateur se décharge à travers la bobine et la résistance $R$.
  • On prend au début : $R_T = R + r = 10$ $\Omega$, $L = 50$ mH et $C = 2$ $\mu$F.
  • On considère l'origine des dates, l'instant $t = 0$ où l'interrupteur est basculé vers la position ②, puis on visualise l'évolution de la tension $u_C$ aux bornes du condensateur en fonction du temps.
  • On obtient les courbes suivantes pour différentes valeurs de la résistance totale $R_T$.
Figure VIII-1
Figure VIII-2

Remarques :

  • Lorsque l'interrupteur $K$ est à la position ②, on obtient un circuit RLC libre.
  • Lorsque la tension $u_C$ aux bornes du condensateur diminue, on dit que les oscillations sont amorties.
  • Les oscillations sont dites libres car le circuit RLC n'est pas alimenté par une énergie électrique.

Amortissement des oscillations :

  • ⋆ Dans les régimes apériodique et pseudo-périodique, l'énergie totale $E_T$ diminue à cause de l'existence de la résistance $R_T$ dans laquelle l'énergie est dissipée par effet Joule.
  • ⋆ Dans le régime périodique, l'énergie totale $E_T$ reste constante car la résistance du circuit $R_T = 0$. pas de dissipation d'énergie.

1.2 Équation différentielle vérifiée par la tension $u_C$

On considère le circuit RLC série représenté ci-contre.

⋆ La résistance totale du circuit est : $R_T = R + r$

⋆ La loi d'additivité des tensions : $u_R + u_L + u_C = 0$

avec : $u_R = R \cdot i$ et $i = \frac{dq}{dt} = C \cdot \frac{du_C}{dt}$ et $u_L = L \cdot \frac{di}{dt} + r \cdot i$

Donc : $u_R = RC \cdot \frac{du_C}{dt}$ et $u_L = rC \cdot \frac{du_C}{dt} + LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2}$

Ainsi : $LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2} + (R + r)C \cdot \frac{du_C}{dt} + u_C = 0$.

Finalement :

$$\frac{d^2u_C}{dt^2} + \frac{R_T}{L} \cdot \frac{du_C}{dt} + \frac{1}{LC} \cdot u_C = 0$$
Figure VIII-3

Remarque :
⋆ On a $q = C \cdot u_C$ et $i = \frac{dq}{dt}$, $u_C = \frac{q}{C}$ et $u_R = R \cdot \frac{dq}{dt}$ et $u_L = L \cdot \frac{d^2q}{dt^2} + r \cdot \frac{dq}{dt}$ donc :

$L \cdot \frac{d^2q}{dt^2} + (R + r) \cdot \frac{dq}{dt} + \frac{q}{C} = 0$

Ainsi, l'équation différentielle vérifiée par la charge $q$ est :

$$\frac{d^2q}{dt^2} + \frac{R_T}{L} \cdot \frac{dq}{dt} + \frac{q}{LC} = 0$$
Figure VIII-4

⋆ Le terme $\frac{R_T}{L} \cdot \frac{du_C}{dt}$ (ou $\frac{R_T}{L} \cdot \frac{dq}{dt}$) est le responsable à l'amortissement des oscillations. En absence de ce terme, les oscillations deviennent périodique sinusoïdales.

2. Oscillations non amorties dans un circuit idéal LC

Lorsque la résistance du circuit RLC est négligeable ($R_T$), le circuit est qualifié de circuit idéal LC.

2.1 Équation différentielle vérifiée par la tension $u_C$

Figure VIII-5

On considère le circuit idéal LC représenté ci-contre.

⋆ La loi d'additivité des tensions : $u_L + u_C = 0$

⋆ Puisque $i = \frac{dq}{dt} = C \cdot \frac{du_C}{dt}$ et $u_L = L \cdot \frac{di}{dt}$ donc : $u_L = LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2}$

Ainsi : $LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2} + u_C = 0$ ou bien

$$\frac{d^2u_C}{dt^2} + \frac{1}{LC} \cdot u_C = 0$$

Remarque
On sait que : $q = C \cdot u_C$ c'est à dire $u_C = \frac{q}{C}$
Ainsi, l'équation différentielle vérifiée par la charge $q$ est : $\frac{d^2q}{dt^2} + \frac{q}{LC} = 0$

⋆ Le terme responsable à l'amortissement des oscillations est nul, on obtient des oscillations sinusoïdales et un régime périodique.

2.2 Solution de l'équation différentielle

La solution de l'équation différentielle $\frac{d^2u_C}{dt^2} + \frac{1}{LC} \cdot u_C = 0$ s'écrit sous la forme : $u_C(t) = U_m \cdot \cos\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t + \varphi\right)$ telle que :

  • $U_m$ : amplitude maximale de la tension $u_C$, exprimée en (V).
  • $\left(\frac{2\pi}{T} \cdot t + \varphi\right)$ : phase de la tension $u_C$, exprimée en (rad).
  • $T_0$ : période propre des oscillations, exprimée en (s).
  • $\varphi$ : phase à l'origine ($t = 0$), exprimée en (rad). On choisit : $-\pi \leq \varphi \leq \pi$

2.2.1 Expression de la période propre $T_0$

On a : $u_C(t) = U_m \cdot \cos\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t + \varphi\right)$ donc : $\frac{du_C}{dt} = -U_m \cdot \frac{2\pi}{T_0} \cdot \sin\left(\frac{2\pi}{T} \cdot t + \varphi\right)$

$\frac{d^2u_C}{dt^2} = \frac{d}{dt}\left(\frac{du_C}{dt}\right) = \frac{d}{dt}\left(-U_m \cdot \frac{2\pi}{T_0} \cdot \sin\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t + \varphi\right)\right) = -U_m \cdot \frac{4\pi^2}{T_0^2} \cdot \cos\left(\frac{2\pi}{T} \cdot t + \varphi\right) = -\left(\frac{2\pi}{T_0}\right)^2 \cdot u_C$

On remplace dans l'équation différentielle :

$-\left(\frac{2\pi}{T_0}\right)^2 \cdot u_C + \frac{1}{LC} \cdot u_C = 0$ c'est à dire : $\left(\frac{2\pi}{T_0}\right)^2 = \frac{1}{LC}$

Donc :

$$T_0 = 2\pi \sqrt{LC}$$

⋆ La fréquence propre des oscillations est :

$$f_0 = \frac{1}{T_0} = \frac{1}{2\pi \sqrt{LC}}$$

Remarques :

⋆ Équation des dimensions de la période propre $T_0$ :

  • On a : $u_L = L \cdot \frac{di}{dt}$ donc : $[L] = \frac{[u] \cdot [t]}{[i]}$
  • On a : $i = C \cdot \frac{du_C}{dt}$ donc : $[C] = \frac{[i] \cdot [t]}{[u]}$

$\Rightarrow [T_0] = [2\pi \sqrt{LC}] = \sqrt{[L] \cdot [C]} = \sqrt{\frac{[u] \cdot [t]}{[i]} \cdot \frac{[i] \cdot [t]}{[u]}} = \sqrt{[t]^2}$ donc : $[T_0] = [t]$

♠ La période propre $T_0$ est un temps qui est exprimée en (s).

⋆ Pour le régime pseudo-périodique, la valeur de la pseudo-période $T$ est voisine de celle de $T_0$ : $T = T_0 = 2\pi \sqrt{LC}$

2.2.2 Détermination de $U_m$ et $\varphi$

On a : $u_C(t) = U_m \cdot \cos\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t + \varphi\right)$, pour $t = 0$, on écrit :

$u_C(0) = U_m \cdot \cos(\varphi)$

D'après les conditions initiales ($t = 0$), on a : $u_C(0) = E$.

Puisque $U_m$ représente la valeur maximale de $u_C$ (amplitude de $u_C$), donc :

$U_m = E$ et $\cos(\varphi) = 1$ c'est à dire : $\varphi = 0$

Finalement : L'expression de $u_C$ est : $u_C(t) = E \cdot \cos\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t\right)$ ou bien $u_C(t) = E \cdot \cos(2\pi \cdot f_0 \cdot t)$

Figure VIII-6

2.2.3 Expression de la charge du condensateur $q(t)$

On a : $q = C \cdot u_C$ et $u_C(t) = E \cdot \cos\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t\right)$

Donc : $q(t) = C \cdot E \cdot \cos\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t\right)$ ou bien $q(t) = Q_m \cdot \cos\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t\right)$

avec $Q_m = C \cdot E$ : valeur maximale de la charge du condensateur (amplitude de $q(t)$).

2.2.4 Expression de l'intensité de courant $i(t)$

On a : $i = \frac{dq}{dt} = C \cdot \frac{du_C}{dt}$, donc :

$i(t) = -C \cdot E \cdot \frac{2\pi}{T_0} \cdot \sin\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t\right)$ ou bien

$i(t) = I_m \cdot \cos\left(\frac{2\pi}{T_0} \cdot t + \frac{\pi}{2}\right)$

Rappel : $\cos\left(\alpha + \frac{\pi}{2}\right) = -\sin \alpha$

avec : $I_m = C \cdot E \cdot \frac{2\pi}{T_0} = \frac{2\pi \cdot C \cdot E}{2\pi \sqrt{LC}} = E \cdot \sqrt{\frac{C}{L}}$ est l'intensité maximale (A).

Figure VIII-7
3. Transfert d'énergie entre le condensateur et la bobine

3.1 Énergie du circuit idéal LC

  • L'énergie $E_T$ du circuit idéal LC, reste constante au cours du temps et égale à l'énergie initialement emmagasinée dans le condensateur. On dit que l'énergie totale se conserve, c'est à dire $E_T = \text{cte}$ et $\frac{dE_T}{dt} = 0$.
  • Au cours des oscillations non amorties, l'énergie électrique $E_e$ emmagasinée dans le condensateur se transforme en énergie magnétique $E_m$ dans la bobine et inversement.

On a : $E_e = \frac{1}{2} \cdot C \cdot u_C^2$ et $E_m = \frac{1}{2} \cdot L \cdot i^2$

Rappel : $\cos^2 \alpha = \frac{1 + \cos 2\alpha}{2}$ et $\sin^2 \alpha = \frac{1 - \cos 2\alpha}{2}$

Figure VIII-8

L'expression de l'énergie totale :

$$E_T = E_e + E_m = \frac{1}{2} \cdot C \cdot u_C^2 + \frac{1}{2} \cdot L \cdot i^2$$

Remarque :

  • ⋆ Lorsque $u_C = U_m$, on a : $i = 0$, donc : $E_T = E_{e,\max} = \frac{1}{2} \cdot C \cdot U_m^2$
  • ⋆ Lorsque $u_C = 0$, on a : $i = I_m$, donc : $E_T = E_{m,\max} = \frac{1}{2} \cdot L \cdot I_m^2$
Figure VIII-9

3.2 Énergie du circuit RLC série

  • L'énergie totale du circuit RLC diminue du fait de l'existence de la résistance $R$ qui transforme une partie d'énergie en énergie thermique dissipée par effet Joule.
  • Lorsque l'énergie électrique $E_e$ diminue, l'énergie magnétique $E_m$ augmente et inversement.
  • Les variations de $E_e$ et de $E_m$ est pseudo-périodiques, de période qui vaut la demi-période de la tension $u_C$.
Figure VIII-10

L'expression de l'énergie totale du circuit RLC série, à l'instant $t$ :

$$E_T = \frac{1}{2} \cdot C \cdot u_C^2 + \frac{1}{2} \cdot L \cdot i^2 = \frac{1}{2} \cdot \frac{q^2}{C} + \frac{1}{2} \cdot L \cdot i^2$$

On a : $i = \frac{dq}{dt} = C \cdot \frac{du_C}{dt}$

$\frac{dE_T}{dt} = \frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2} \cdot L \cdot i^2\right) + \frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2} \cdot C \cdot u_C^2\right) = L \cdot i \cdot \frac{di}{dt} + C \cdot u_C \cdot \frac{du_C}{dt} = i \cdot \left(L \cdot \frac{di}{dt} + u_C\right) = i \cdot \left(LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2} + u_C\right)$

L'équation différentielle vérifiée par la tension $u_C$ : $LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2} + R_TC \cdot \frac{du_C}{dt} + u_C = 0$

c'est à dire : $LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2} + u_C = -R_T \cdot \frac{du_C}{dt} = -R_T \cdot i$ donc : $\frac{dE_T}{dt} = i \cdot (-R_T \cdot i) \Rightarrow \frac{dE_T}{dt} = -R_T \cdot i^2$

♠ L'énergie totale du circuit RLC est décroissante (car $\frac{dE_T}{dt} < 0$), une partie d'énergie est dissipée par effet Joule à cause la résistance $R_T$.

4. Entretien des oscillations

L'amplitude des oscillations du circuit RLC série diminue progressivement au cours de temps à cause de la dissipation de l'énergie par effet Joule dans la résistance $R_T$ du circuit. Pour les entretenir (obtenir des oscillations d'amplitude constante), On ajoute au circuit un appareil qui compense, à chaque instant, l'énergie dissipée par effet Joule.

L'appareil d'entretien est un générateur qui alimente le circuit par une tension proportionnelle à l'intensité de courant $i$ qui parcourt le circuit : $u_G = R_0 \cdot i$

L'appareil d'entretien se comporte comme une résistance négative de valeur $-R_0$.

Étude théorique.
On considère suivant contenant l'appareil d'entretien $G$.

⋆ La loi d'additivité des tensions : $u_R + u_L + u_C = u_G$

Avec : $u_G = R_0 \cdot i$ et $i = \frac{dq}{dt} = C \cdot \frac{du_C}{dt}$ et $R_T = R + r$, Donc :

$R \cdot i + r \cdot i + L \cdot \frac{di}{dt} + u_C = R_0 \cdot i$

$LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2} + (R + r) \cdot i - R_0 \cdot i + u_C = 0$

$LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2} + (R_T - R_0) \cdot i + u_C = 0$

$LC \cdot \frac{d^2u_C}{dt^2} + (R_T - R_0) \cdot \frac{du_C}{dt} + u_C = 0$

$$\frac{d^2u_C}{dt^2} + \frac{(R_T - R_0)}{L} \cdot \frac{du_C}{dt} + \frac{1}{LC} \cdot u_C = 0$$
Figure VIII-11

♠ En réglant $R_0$ à une valeur égale à $R_T$ ($R_0 = R_T$), le terme responsable à l'amortissement s'annule : $\frac{(R_T - R_0)}{L} \cdot \frac{du_C}{dt} = 0$

On obtient l'équation différentielle du circuit idéal LC : $\frac{d^2u_C}{dt^2} + \frac{1}{LC} \cdot u_C = 0$

⋆ La période des oscillations est donc : $T_0 = 2\pi \sqrt{LC}$

Remarque
En ajoutant l'appareil d'entretien, on peut générer une tension sinusoïdale de fréquence contrôlée par les valeurs de $L$ et $C$.

Figure VIII-12
Figure VIII-13